CUBA

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CUBA

30 mai au 27 juin 2013

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Après avoir lu le périple, portez une attention particulière à mes impressions, qui sont aussi celle de nombreux touristes rencontrés durant mon voyage.

 

LA HABANA arrivé après 2h de vol depuis le MEXIQUE. Mes souvenirs datant depuis un peu plus de 10 ans, je retrouve assez rapidement mes marques dans le centre de la ville. Mais je suis plus que déçu dès les premiers mètres. Le centre hormis quelques rues propres avec des immeubles bien entretenues, la majeure partie est dans état de délabrement manifeste. Jouxtant les bâtiments publics, les bâtisses décrépites où logent bon nombre de cubains montrent une certaine misère. En fait, le gouvernement rénove les édifices publics, Capitolio et Gran Teatro de la Habana, pourpen27614-1.jpg le reste il fait le nécessaire là où les touristes vont, ensuite peu lui importe. Et pourtant la majorité de la population n’est « que locataire de l’Etat ». J’oubliais qu’une partie des rues et pen28336.jpgruelles du vieux Havane ne sont que tranchées. Actuellement, ils sont en train d’enfouir l’ensemble des réseaux aériens, ce qui sera un grand bien une fois les travaux terminés. Après quelques minutes nez au vent, nous commençons à être interpellés par de « multiples faux vendeurs ou jeniteros». Soyez extrêmement ferme et n’acceptez sous aucun prétexte de les suivre pour un restaurant, un bar, un taxi, d’acheter leur cigare ou de leur donner de l’argent. Car en fait c’est de l’arnaque pur et simple, le prix que vous allez payer est au-dessus de la normale car, ils reçoivent une commispen27730.jpgsion de votre addition. Tout n’est pas rose mais tout n’est pas noir pour autant.

Durant notre séjour, nous avons eu de la pluie presque tous les jours en fin de journée. En fait, une énorme dépression était au nord de l’île…

Quelques maisons parfois un immeuble ont des façades toutes neuves ou fraîchement peintes. En fait il s’agit de cubains ayant profités de l’occasion pour créer un commerce, une casa, repris un vieil hôtel… et ceux-là font de l’argent avec les touristes. Dans certaines rues ou quartier ces façades donnent un coup de jeunesse aux environs immédiats. Mais cela représente une exception dans la ville. Avant d’entrer dans le vieil Havane, nous prenons la pen27664.jpgdirection de la Plaza de la Revolucion. Immense place moscovite où Fidel Castro faisait ses discours de plusieurs heures. Puis descendons l’avenida de los Presidentes. Au début vous tombez face au Monumdscf4305.jpgento a José Miguel Gomez, qui fait face à cette grande avenue. Si vous descendez toute cette avenue, un autre monument tout aussi austère celui de Galixto Garcia au bord du Malecon. Mais si vous prenez la Calle 23 qui mène aussi au Malecon, vous aurez un aperçu des différents types de commerce que vous pouvez rencontrer ici. Toutes sortes de commerces pour touristes mais aussi pour les cubains, avec bien évidement les 2 monnaies en cours dans ce pays. De chaque côté de cette calle, si vous errez vous vous rendrez compte que les habitations luxueuses côtoient les masures. Vous venez ainsi de rentrer dans au cœur de CUBA. Notre arrivée sur le Malecon nous surprend. Tout d’abord à gauche le majestueux Hotel Nacional dont la réputation n’est plus à faire tant de personnalités du monde entier y a séjournées. Cet immense boulevard de bord de mer montre par endroit le luxe mais surtout une vision d’après-guerre avec ses immeubles délabrés !!! Comme dans le reste de la ville, faite attention où vous marchez, car ici les trottoirs sont dans un état tel que le risque d’entorse est important…Au bout de cette marche vous êtes dans le vieil Habana. Avant toutes visites, vous devez impérativement visiter le Museo pen28238.jpg28 septiembre de Los CDR dans la calle Obispo. Ce musée consacré aux CDR (Comité De la Revolucion), vous explique comment Fidel Castro a mis en place sa police de proximité dans les quartiers afin de surveiller la population dans tout le pays. Les explications données par la guide sont des plus croquantes !!! Ensuite, lors de vos balades vous comprendrez la signification des plaques sur les maisons ou immeubles indiquant : Presidente de CDR, CDR n˚ 12…  Le centre se concentre autour de 4 places : Plaza de Armas, Plaza Vieja,  Plaza de la Catedral et Plaza de San Francisco de Asis. Chacune a son attrait particulier et mérite une halte. La Plaza de Armas pour la statue de Carlos Manuel de Céspedes pionnier de l’indépendance, un magnifique palais aujourd’hui converti en hôtel, une chapelle et le Museo de la Ciudad. Ce dernier mérite une visite et ce pour plusieurs raisons : de magnifiques peintures, d’objets d’art, sculptures, documents et mobiliers du 18ème et 19ème ; la qualité et la mise en valeur sont présentes ; mais aussi cela va vous évitez dans les autres villes que vous pouvez traverser de visiter une bonne partie des musées locaux consacrés soit à l’histoire soit une casa à la mémoire de X ou Y… En fait, ces autres places ne sont qu’un pâle copie de ce musée, vous économiserez du temps et de l’argent !!! A côté le Castillo de la Real Fuerza qui avec les 2 autres forts de l’autre côté de la baie défendaient l’entrée de LA HABANA. Prenez la calle Mercaderes où de nombreuses Casa consacrées à l’Afrique, l’Asie… et petits musées, cette rue comme la majeure partie du centre sont piétonnières et donc agréables pour admirer les édifices. La Plaza Vieja est un mix entre l’ancien et l’art nouveau. Outre d’agréables bars et restaurants l’entourent, d’autres bâtiments exposent des peintres locaux, des concerts de musique… Descendez vers le port et revenez vers le centre pour arriver au Museo del Ron. Si vous ne connaissez pas le mode de fabrication et les différentes sortes unepen28028-1.jpg visite s’impose. Vous pourrez apercevoir dans une des ruelles un wagon présidentiel américain importé à Cuba !!! Ensuite la Plaza de San Francisco de Asis. En son milieu la Fuente de Leones contraste avec l’Iglesia y Monasterio de San Francisco de Asis. En fait l’église est devenue une place pour des pen27895.jpgconcerts et une partie du monastère est le Museo de Arte Religioso. De magnifiques pièces montrent l’influence christianisme de l’Espagne à l’époque dans ce pays. Le terminal est en partie consacré aux boutiques souvenirs des artisans locaux. Continuez en longeant le port jusqu’au Parque de Luz Caballero. De là vous attendrez facilement la Plaza de la Catedral. Cette place où tous les bâtiments sont d’une unité est une petite merveille. Palacio de los Marqueses de Aguas Claras est un restaurant, le Palacio de Casa Bayona abrite le Museo de Arte Colonial (moins bien que le Museo de la Ciudad) et la Catedral avec sa façade baroque. Elle n’est ouverte que durant les messes du dimanche. Prenez l’unique rue pour revenir dans le centre. Une fois rejoint la Calle Obispo, des cubains vous proposent de vous attabler dans un des nombreux bars et restaurants. Tous sont très chers car vous êtes dans le centre historique. Mais certains sont à des prix très raisonnables et d’autres sont en Local Moneda donc près de 24 fois moins chers !!! 

1er juillet

Remontant cette rue vous ne pouvez pas manquer l’Edificio Bacardi. Ce bâtiment d’Art Déco dénote aux milieux des immeubles alentour, montezpen16139.jpg au sommet et vous pourrez admirer LA HABANA. Vous verrez l’état de la ville vu d’en haut… Remontez et vous êtes face au Capitolio. Cet immense édifice étant en réfection, je ne peux vous en dire plus excepté qu’il est grandiose et majestueux trônant sur un des côtpen27910.jpgés du Parque de la Fraternidad. Sur cette gigantesque place, des immeubles aux couleurs chatoyantes, des taxis de toutes sortes : vieilles américaines, vieilles Lada, coco taxi, petites diligences…et des bâtiments envahis par des arbres, d’autres sans toits et fenêtres !!! Derrière le Capitolio, la Real de Fabrica de Tabacos Partagas, vous montre comment sont élaborés les cigares. Le personnel travaille en silence car un lecteur leur promulgue via un livre les bonnes vertus du Socialismo, les bonnes paroles du Che, de Fidel… intéressant mais consternant. Juste à côté El Barrio Chino montre l’entrée du quartier chinois. En fait, les chinois sont partis depuis des décennies (après l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir), car ils considéraient qu’ils ne pouvaient faire du business comme ils le souhaitaient. A un peu plus de 5’ de ce parque remontez l’avenida Simon Bolivar. L’Iglesia de Reina mérite le détour pour ses vitraux, son mobilier en acajou et ses piliers en marbre. Face au Parque Central où trône une statue de José Marti fameux poète cubain, jouxtant le Capitolio, le Gran Teatro de la Habana était aussi en réfection. Son immense façade donne la démesure de son intérieur. Sur cette place les hôtels internationaux tels que L’Inglaterra, Le Parque Central… mais derrière dans les petites rues vous pourrez voir la vie économique difficile des cubains. Vous avez 2 musées autour. Le Museo Nacional de Bellas Artes et le Museo Nacional de Bellas Ares. Visiter ce dernier qui présente l’art cubain plutôt que l’autre qui expose des œuvres principalement d’Europe.  Prenez l’avenida Agramonte séparée en son milieu par un plateau piétonnier bordé d’arbres. Ne soyez pas surpris de voir nombre d’immeubles en parfait état et d’autres en ruines dans lesquels vivent des cubains. Sur cette esplanade, le Museo de la Revolucion mérite le même détour que le Museo du 28 septiembre. Vpen27978.jpgous y verrez l’histoire depuis la culture précolombienne jusqu’à nos jours. Certaines parties ressemble à de la propagande du Socialismo. Au bout de cette avenue et face au Malecon, la Statue du General Maximo Gomez, héros de l’indépendance contre les espagnols. De l’autre côté de la baie, 2 forts dans le Parque Historico Militar Morro Cabana, que nous n’avons pas visité faute de temps et du mauvais temps. Sur l’entrée de la baie, des bars-restaurants proposent de très bons mojitos à 1,65 CUC, alors que partout ailleurs il vous faut payer entre 3 et 5 CUC !!!

Mais le meilleur moyen de vous imprégner de cette ville est d’errer au gré du vent dans les rues, ruelles et avenues. Delà, vous aurez un aperçu de la vie des cubains. Si une façade est propre, il s’agit certainement d’une casa, d’un hôtel, d’un édifie public ou d’un nouveau riche cubain. La majeure partie du temps vous ne verrez qu’une ville dans un piteux état dans laquelle vit la population. Mais laissez-vous prendre à la musique cubaine présente dans tous les quartiers, bars et restaurants, c’est aussi cela CUBA. Un gâteau par endroit délicieux et amer en même temps !!!

Nous prenons un bus pour rejoindre notre prochaine étape. A la sortie de LA HABANA, une magnifique autoroute filant vers l’ouest s’ouvre devant nous. Mais ici, rien de comparable à ce que nous pouvons connaître. Ici, camion, voiture, bus, vélo, piéton, diligence etc ont le droit d’y circuler et l’état du revêtement est à l’image du pays, désastreux!!! Bref, partis sous la pluie nous arrivons sous la pluie après 3h1/2 pour parcourir à peine 150kms.

VINALES, petite ville dans une vallée verdoyante cernée par des rochers karstiques. Nous comprenons vite pourquoi ici le tabac récoltée est meilleur qu’ailleurs. En fait, pour la qualité, il faut de la chaleur, de l’humidité souterraine et aérienne, et ici tout y est. Les transports locaux pour pen28653.jpgvisiter les alentours sont quasi inexistants. Après palabres et négociation, nous prenons un taxi. Le chauffeur PAPO connait à merveille la région et parle un peu anglais, nous vous le recommandons. Faisant abstraction du mauvais temps, nous filons à La Cueva San Miguel. Cette grotte cours sous les rochers, mais suite au mauvais temps, elle est inondée… La route menant à La Cueva del Indio est coupée depuis plusieurs jours… donc pas de visite. Bref nous filons au Mural de la Prehistoria. En fait, ce mur a été peint en 1961 sur une partie de falaise. Cette fresque représente l’évolution géologique de la région. Elle sert aussi de rocher d’escalade. Sur le retour, nous visitons une plantation de cigare. Suivant où se situent les feuilles sur le plan de tabac, elles seront utilisées pour la fabrication des Cohibas ou Partagas, pour l’enroulage ou pour la fabrication de cigarettes cubaines. Chaque planteur a le droit de garder 5% de la récoltepen18897.jpg pour ses besoins personnels, mais surtout pour la vente au marché noir… De retour à VINALES, nous prenons à l’abri d’une pluie torrentielle des mojitos en face de l’église en attendant qu’elle cesse.

Le lendemain PINAR DEL RIO à 30kms. Sous un soleil éclatant nous tentons d’en profiter pleinement. Le Teatro José Jacinto Milanes est fermé suite aux pluies torrentielles des derniers jours. Avec l’aide d’un cubain parlant anglais, le vigile nous ouvre les portes. La rénovation qui a eu lieu il y a quelques années mérite la visite de ce petit théâtre. A côté, nous sommes devant la porte close du Museo Provincial de Historia pour rénovation. Juste derrière, la Catedral de San Rosendo détonne un peu. Elle est en parfait état, alors que les bâtiments environnants sont en piteux état. Pour la visiter venir le dimanche matin. Errant sous les arches rues, nous filons vers le Museo de Ciencas Naturales. Logés dans une magnifique demeure, il ne vaut la peine que pour ceux qui souhaite voir des dinosaures ou des girafes. Sur le retour, arrêtez-vous à Las Jasmines, un point de vue d’une grande partie de la vallée, superbe et éblouissant.

Sous un soleil à peine voilé, direction CAYO JUTIAS, où nous pen19028-1.jpgarrivons sous un soleil de plomb. Entre tous les Cayos de la région, tous les cubains locaux préfèrent celui-là. Pas d’hôtel donc peu de touristes et resté sauvage, mais aussi la route d’accès ressemble par de multiples endroits à une piste. Sur place, un bar-restaurant bon marché, des parasols en feuille de palme, des transats, pédalos… mais surtout une mer chaude avec de multiples bleus. Le rêve sous condition de crème solaire…

Désirant prendre le bus pour rejoindre notre nouvelle étape, nous trouvons à la place un taxi partagé pour le même prix, sachant que nous mettrons 2 heures de moins. En fait, il est obligé de revenir sur LA HABANA, car il a un problème moteur, et quelques minutes plus tard, un de ses amis nous prend en charge. L’autoroute qui descend vers le sud est dans le même état que celle de l’ouest…

 

 

 

 

 

Après plus de 6 heures de trajet, voici CEINFUEGOS. Au bord d’une immense baie, ville natale de Benny Moré l’un de plus talentueux chanteur cubain. Au contraire de LA HABANA, ici la ville est propre, les immeubles sont majoritairement en bon état et peu de cubains à vous alpaguer à chaque coin de rues, bref le repos.  A l’angle de la calle 37 ou Paseo del Prado et de l’avenida 54, le Café Capen19166-1.jpgntante Benny Moré et en face une statue de Benny Moré, est un des plus grands compositeurs et chanteurs cubain du 20ème siècle. Prenez la calle 54 piétonne, vous pourrez admirer l’Hotel La Union reconnaissable à sa façade verte. Ensuite vous arrivez au Parque José Marti avec son Arco de Triunfo. Autour le Palacio Gobernio, la Casa del Fundador, le Museo Provincial, la Casa Cultura Benjamin Duarte, le Teatro Tomas Terry et la Catedral de la Purisima Concepcion.

1- fermé au public vous ne pourrez que voir le monumental escalier avec une fresque à droite.

2- fermé aussi il fait l’angle avec l’avenida 54.

3- si vous avait fait le Museo de la Ciudad à La Habana, vous ne verrez rien de mieux.

4- édifice toujours en travaux…

5- sa façade élégante est un avant-goût de l’intérieur. L’entrée avec ses fresques et son marbre vous invite à entrer dans la salle. Les loges avec ses fauteuils en acajou et se balustrades ajourées ne sont rien. Les boiseries sculptées entourant la scène et levez la tête pour admirer la fresque au plafond. Bref un magnifique théâtre.

pen19324.jpg6- fermée mais vous pouvez voir l’asymétrie des 2 tours.

Descendez le Paseo del Prado qui devient le Malecon, vous verrez ce que les cubains considèrent comme la plus belle du pays.

Le Parc Topes de Collantes situé à 2h de route, permet outre les nombreuses excursions et de voir El Nicho. La route qui y mène est superbe. Il s’agit de plusieurs cascades, nichées dans la montagne au milieu d’une dense végétation, qui se jettent dans des piscines naturelles aux couleurs étonnantes. En revenant, N’ACCEPTER PAS la visite du Jardin Botanico. De chaque côté d’une route goudronnée vous ne verrez qu’un jardin non entretenu avec des herbes folles où les allées ont disparus et des arbres non répertoriés. En fait vous payez pour ne rien voir et impossible de se faire rembourser son ticket. En revenant, vous pouvez faire une halte sur la Playa Rancho Luna. Pas très belle, elle est un lieu prisé pour ceux qui veulent faire de la plongée.

TRINIDAD, magique cité nous ouvrent ses portes. Ici tout semble s’être arrêté il y a un siècle. L’UNESCO la inscrite au Patrimoine Mondial enpen28712.jpg 1988, on se croirait dans un musée à ciel ouvert. Les rues du centre sont pavées, attention aux entorses, et les maisons aux différentes pen19845.jpgcouleurs ne sont qu’enchantement. Autour de la Plaza Major, 3 museos 2 que nous ne souhaitons pas visiter (voir plus haut), le 3ème Museo Romantico fermé pour rénovation, un de plus… Iglesia Parroquial de la Santísima Trinidad mérite d’y jeter un œil. Les magnifiques autels sculptés ressemblent à nos façades de cathédrales. Quelques bancs et confessionnal sont en acajou, l’escalier qui monte à la chaire et la balustrade au-dessus de l’entrée en fer forgé sont richement décorés. Derrière l’église et sur les hauteurs, montez voir l’Ermita de Nuestra Señora de la Candelaria de la Popa. A 50m le la place, le Museo Historico Municipal est logé dans une magnifique demeure de propriétaire de cannes à sucre. L’intérieur vous fait revivre pen19607-1.jpgle luxe d’antan entre mobiliers, vaisselles, tableaux… montez au mirador pour jouir d’une vue imprenable sur la ville. En fait, il ne reste que la façade, mais la vue sur la ville et les alentours est superbe. Vous aurez remarqué qu’ayant quitté le centre, les rues et maisons ne ressemble en rien au côté clean vu précédemment. Un clocher domine la ville. Cet ancien couvent a été reconverti en Museo Nacional de la Lucha Contre Bandidos qui donne sur une petite place ombragée. Les différents objets retracent la lutte contre les bandes révolutionnaires qui sévissaient dans la Sierra del  Escambray après la prise du pouvoir par Fidel Castro et le Che. Quittez le centre et descendez vers la Plaza Santa Ana. De l’Iglesia Santa Ana, il ne reste que la façade et une partie des murs périphériques. L’ancienne prison est devenue un centre touristique avec restaurant et magasins artisanaux. Si le temps vous le permet, allez au Parque Céspedes, où outre le Palacio Municipal de multiples échoppes, bars et restaurants vous accueillent loin des toutous…

SANTA CLARA apparait après plus de 2h1/2 de route de montagne aux paysages splendides. Arrivant de TRINIDAD le Monumento Ernesto Che Guevara, est une immense place en sa mémoire. Vous y trouvez un énorme monument, un musée et un mausolée. Bien évidement trône en évidence une gigantesque statue en bpen19890.jpgronze. Le musée retrace la vie de l’homme avec un certain nombre de ses effets personnels. Derrière cet édifice un petit cimetière des principaux hommes du Che et où brule en permanence une flamme. Dpen28782.jpgu Parque Vidal en plein centre vous pouvez tout faire à pied. La  majorité des bâtiments qui l’entourent sont avec des arcades, ce qui permet de rester à l’ombre. Le Teatro La Caridad est encore plus majestueux que celui de CEINFUEGOS. En fait, Marta Abreu philantrope du milieu du 19ème siècle, et née d’une riche famille consacra sa fortune au bien-être de la ville. Création d’écoles, bibliothèque, gare ferroviaire, éclairage public… et surtout ce théâtre qu’elle voulait être le plus beau du pays, donc à voir. Nous sommes obligés de faire détour par l’Iglesia de Nuestra Señora del Buen Viaje (Eglise de Notre Dame du Bon Voyage) situé à l’est de la place. A l’intérieur une particularité, au-dessus de l’autel se dresse une sorte de balcon. L’escalier qui monte au balcon au-dessus de la porte d’entrée est en colimaçon et en plâtre sculpté. A l’ouest, la Catedral de las Santas Hermanas de Santa Clara de Asís, n’est intéressante que par ses vitraux. Si vous souhaitez visiter une fabrique de cigares, sachez qu’ici on fait les Montecristos, Roméo et Juliette et Partagas. Nous retournons à notre casa de TRINIDAD car c’est bien et pas cher.

 

SANCTI SPIRITUS est une petite ville coloniale et l’une des plus anciennes du pays, où comme précédemment tout se fait à pied à partir du Parque Serafin Sanchez. En tout premier lieu, visitez la Biblioteca Provincial Ruben Martinez Villena. En entrant vous serez surpris du caractère majestueux du bâtiment. Empruntez l’escalier monumental et vous arrivez dans une salle de lecture où l’envie d’apprendre est immense. Par contrepen10276.jpg le choix des livres est limitpen10265.jpgé comme dans tout le reste du pays… Descendez Avenida Jesús Menéndez, vous tombez sur Iglesia Parroquial Mayor del Espíritu Santo La Perla. Une particularité, l’autel est comme une scène de théâtre, à savoir derrière un encadrement en bois sculpté et peint. Le plafond tout en bois est une merveille architecturale. Continuez, un musée présente des meubles et objets sans intérêts si vous avez fait celui de LA HABANA. Ensuite le fameux Puente Yayabo avec ses 5 arches en briques pour une minuscule rivière… pen10346.jpgUne des rives a été aménagée pour pouvoir se balader. Une fois traversé, une grande avenue avec une esplanade centrale mène à la gare. Faite un tour à l’intérieur et regarder les wagons dans lesquels vous pourriez voyager !!! Revenez sur vos pas et à côté de l’église prenez la Plaza Honorato. Delà entrez dans le quartier piétonnier, toutes sortes de magasins, restaurants de rue, artisanaux… A une extrêmité de Independencia Sur, un immeuble Bâtiment de la Colonial Espagnola, vaut par son architecture et sa décoration intérieure, abrite sur 2 niveaux un magasin où les cubains trouvent tout mais payent en CUC !!! De retour sur la place principale, marchez 10’ pour atteindre le Parque Maceo. En tout 1er lieu, Fundación de la Naturaleza y El Hombre, ce petit musée retrace les 17 000kms parcourus par un géographe cubain en pirogues à travers 10 pays d’Amérique centrale et du sud. En face mais en réfection l’Iglesia de Nuestra Senora de la Caridad, mérite le détour au vu des infos collectés.

Continuant de descendre, CAMAGUEY (classé par L’UNESCO) nous ouvre ses portes, plutôt ses rues… Une partie du centre est éventrée afin d’enterpen10516.jpgrer l’ensemble des réseaux. A l’inverse du MEXIQUE, ici à CUBA la majorité des églises ne sont ouvertes qu’aux heures de messes. Face à l’Iglesia de Nuestra Senora de la Merced fermée, la Casa Natal de Ignacio Agramonte héros de la révolte contre les Espagnols. Outre la beauté de la maison coloniale, l’intérieur ressemble au Museo de la Ciudad de LA HABANA… Descendez la calle Cisneros et prenez à droite en direction de la Plaza del Carmen. La rue et les maisons y menant ont entièrement été refaites. Sur la place des statues montrent des cubains en pleines activité. L’intérieur de l’Iglesia  Neustra del Carmen est très simple et jouxtant celle-ci un ancien couvent reconverti en bureaux. Revenant sur vos pas, vous arrivez apen10613.jpgu Parque Ignacio Agramonte, avec sa statue au centre. La Catedral de Nuestra Senora de la Candelaria ou Catedral Metropolitan est loin de valoir les différentes églises vues jusqu’à présent, hormis le fait d’avoir un Christ perché au sommet du clocher. Continuez votre descente et vous arrivez sur la Plaza San Juan de Dios. Plus imposante que la précédente, elle est aussi le lieu des marchands ambulants. Les bâtiments qui l’entourent sont à l’unisson. Dès l’entrée de l’Iglesia San Juan de Dios, vous êtes accueillis par une statue du Père Ollalo, le bienfaiteur de la ville. L’intérieur possède des autels en acajou avec dorures et quelques statues fines. Jouxtant l’église l’ancien hôpital est reconverti en musée que nous n’avons pas jugé utile de visiter. Continuant votre descente vous traversez une petite rivière pour accéder au Casino Campestre. Ce parc ombragé est en partie consacré à la balade et l’autre en zoo pour enfants. Retournant vers le centre, l’Iglesia del Sagrado Corazón de Jesus, trône sur le Parque Marti. Fermée comme de coutume, vous pouvez apercevoir les vitraux et sa façade néogothique avec ses grilles en fer forgés. En remontant par la gauche, vous arrivez sur la Plaza Macéo et prenez la rue piétonne du même nom pour arriver à l’Iglesia de Nuestra Senora de la Soledad, reconnaissable de loin avec son clocher pourpre et rose. Comme auparavant dans les autres églises admirer le plafond, Sous les voûtes des fresques en bon état, mais aussi le cœur où trône un autel en acajou avec de magnifiques dorures. Non loin du centre prenez le temps d’aller voir la gare. L’extérieur ressemble plus à une gare de marchandises qu’à une gare de voyageurs… Il existe non loin de la Calle Maceo une maquette de la ville, mais le bâtiment était fermé lors de notre passage.  

Désirant prendre le train pour rejoindre notre prochaine ville, celui-ci ne partait qu’à 3h du matin et avec de nombreux arrêts, et arrivait plus tard que le bus partant à 8h…

HOLGUIN semble plus aérée que les autres villes précédemment visitées. En fait, beaucoup de maisons et très peu d’immeubles avec ses 4 grandes ppen10770.jpglaces. Sur le Parque Peralta entouré de bâtiments à colonnes, la Catedral de San Isodoro avec 2 autels en bois d’un bleu étincelant, ses statues et pen10770-2.jpgdes fresques au plafond. A l’extérieur une statue du pape Jean Paul II. Plus au nord l’immense Parque Calixto Garcia aussi cerné de bâtiments à colonnes est le lieu de rencontre de la population locale.pen10865.jpg Sur cette place la biblioteca qui ne ressemble ne rien à celle de SANCTI SPIRITUS et le Centro de Arte qui n’avait rien en exposition… Plus au nord le Parque Céspedes n’est en fait qu’une place en mauvais état et en son milieu l’Iglesia San José dans le même état… Remontant toujours vers le nord, ne manquez pas le Palacio de los Matrimonios. Cette jolie demeure avec son jardin officie les mariages. Ensuite, vous arrivez sur une place ou jardin public avec quelques jeux pour enfants. Au-dessus de vous, si vous avez le courage, montez les quelques 470 marches menant à La Loma de la Cruz, delà vous aurez une vue superbe sur la ville. Mais une visite s’impose dans cette ville, c’est le cimetière situé non loin du Parque Calixto Garcia. Le gardien vous fera découvrir les importantes familles et hommes célèbres des différentes tombes. Mais aussi et cela est amusant le quartier des « membres de La Logia Maconica » de la ville, et vous retrouvez peint au fronton d’une maison leur lieu de rendez-vous… Revenant sur vos pas, la Plaza de la Marqueta n’offre aucun intérêt. A l’origine de nombreux commerces artisanaux devaient s’y installer, mais ce n’est que friches hormis 3 similis totems…

Repartir de cette ville sans faire un tour au bord de la mer, serait une gageure. Ne faites pas comme la majorité des touristes et cubains à aller à la Playa Guardalavaca qui n’est qu’une immense station balnéaire avec buildings et plages.

GIBARA à ½ de taxi ou de bus, mérite une halte d’au moins une journée. Il y a environ 4 ans, un ouragan a dévasté ce petit village de pêcheur. pen11098.jpgAujourd’hui une partie est reconstruite, mais vous apercevez encore les dégâts sur un certain nombre d’habitations. Une partie donne sur une petite baie et l’autre sur l’Atlantique. La rue principale mène vers le sud sur la Plaza Calixto Garcia. Avant d’y arriver le Museo de Historia Municipal et Museo de Artes Decorativas sont fermés pour une durée indéterminée suite à l’ouragan. Sur la place est érigée unepen10956.jpg miniature de la Statue de La Liberté de New York et l’Iglésia de San Fulgencio. Derrière un des petits autels trône le drapeau cubain… une Vierge se lamentant  sûrement en hommage aux pêcheurs présents sur quelques fresques. L’un des bâtiments est un cinéma qui accueille tous les ans le Festival des Films à Petits Budgets. Un autre est une fabrique de cigares où par les fenêtres ouvertes vous pouvez voir des personnes en train de rouler des cigares. Un peu plus loin le Fuerte Fernando VII prpen11257.jpgotège l’entrée de la baie, reconverti en bar et à l’occasion pour des concerts. Remontant la rue principale à un angle de rue coiffeur qui m’a coupé les cheveux pour 5 CUP soit 0,14 centime d’euro, aussi je lui ai donné le double !!! Toujours plus haut une autre place dont l’un des bâtiments est la Casa Cultura de la ville. Toujours plus loin et donc plus haut, le mirador où les ruines d’El Cuartelon vous permet d’avoir une vue magnifique sur l’ensemble du village, de la baie et de l’océan. Vous rendre à la Playa Caletones n’est pas des plus faciles, et pourtant elle est des plus agréables. Parcourir les quelques 18kms sur une route et piste défoncée demande du courage si vous loué un véhicule ou scooter ou une bonne dose de négociation auprès des taxis locaux. Nous, nous avons opté pour une charrette à cheval, bonjour le l’arrière train… Une fois sur place, c’est havre de paix et de beauté exotique. Le seul bar restaurant était fermé, prévoyez ce qu’il faut si vous souhaitez y passer la journée.

De ce cul de sac, on est obligé de retourner sur HOLGUIN pour prendre le prochain bus. En fait descendant encore vers le sud, l’autre ville au bord de la mer, n’est desservie qu’une fois par jour de Santiago de Cuba, et le seul bus permettant cette correspondance part à 3h du matin …pen11578.jpg

BARACOA arrivés à 13h soit 10h pour parcourir 400kms… les 150 derniers kms ne sont que de la montagne. La route est superbe. A l’arrivée, pas pen11467.jpgla peine d’avoir fait une réservation de casa particular, tous sont présents et vous proposent des prix défiance toute concurrence !!! Cet autre petit port de pêche est l’une des plus anciennes villes de CUBA. Venir ici c’est voir les vieilles maisons à colonnes et aux multiples couleurs. Évidement des forts protègent cette ville, ils sont au nombre de 3. Sur la Plaza Independencia, une statue d’un indien brûlé vif par les espagnols, l’Iglesia de Nuestra Senora de la Asuncion était fermée. Les différents bars diffusent de la musique cubaine à partir de 17h et ce par des artistes locaux. Ne manquez pas depen11655.jpg goûter le chocolat, spécialité locale. Surtout la région est propice pour faire des balades dans les montagnes environnantes qui sont pour la plupart dans des parcs nationaux. Le Parque Natural Majayara,  la réserve de biosphère de Cuchillas de Toa classé par l’UNESCO qui englobe notamment le Parque Nacional Alejandro de Humboldt. El Yunque est la montagne qui vous permet d’avoir un point de vue immanquable sur la ville mais aussi de vous promener dans une forêt magnifique. Côté plage, faire le choix de Playa Maguana est le bon choix. A l’extérieur de la ville, elle est prisée par les cubains plutôt que par les touristes. Palmiers, sable blanc et mer bleue appelle au farniente.

SANTIAGO DE CUBA seconde ville du pays, mais à l’inverse de LA HABANA, elle est construite sur de multiples collines. Ici ce qui surprend, c’est l’étroitesse des rues, la pollution, le bon état général des habitations et l’unique rue piétonne. A l’extérieurpen28929.jpg de la ville, une visite s’impose au pen11816.jpgCastillo de San Pedro de la Roca del Morro. Ce magnifique fort protège l’entrée de la baie et du port. Il ressemble à nos forts Vauban, mais est situé à plus de 60m au-dessus du niveau de la mer. L’intérieur est le Museo de la Pirateria qui conte entre autre une bataille entre américain et espagnol au 19ème siècle. Vous pouvez voir Cayo Gramma qui est un petit village de pêcheurs et dont les maisons sont sur pilotis. Sur le boulevard longeant le port, le Parque Alameda en face de la base nautique dans un piteux état. Plus loin, la Tour de l’horloge fait face au bâtiment Aduana, ensuite la gare ferroviaire centrale. Remontant vers le centre, l’Iglesia San Thomas fermée et dont l’extérieur est proche du délabrement. Ensuite Santuario de Nuestra Señora del Carmen,  ne vous fiez pas à l’extérieur, les fresques et les statues dans les autels méritent le détour. Maintenant vous êtes en plein centre. Le Parque Céspedes est cerné par : l’Ayuntamiento reconnaissable à ses balcons bleus, la Casa de Diego Velasquez avec ses moucharabiehs reconverti en Museo de Ambiente Historico Cubano, une énorme bâtisse rose qui fut autrefois un théâtre et la Catedral de Nuestra Senora de la Asuncion. pen11999.jpgImposante de par sa taille, elle est en cours de rénovationpen28942.jpg. Malgré cela nous avons pu la visiter grâce un cubain connaissant le sacristain. Je puis vous dire que pour avoir vu je ne sais nombre d’églises, celle-ci est d’une splendeur à vous couper le souffle. Plafond à caissons, fresques dignes d’un théâtre, stalles en acajou dans le cœur, en haut de chaque pilier un saint sculpté… bref une merveille. Sur l’arrière ne manquez pas non plus le Museo Arquidiocesano qui possède une collection d’objets liturgiques. Les commentaires faits par le gardien sont amusants. Ensuite Plaza Dolores avec ses multiples bars et restaurants et son église devenu une salle de concerts. Les différents musées de la ville ont été laissés de côté, la majeure partie d’entre eux au vu des informations collectées, ne nous apportaient rien de plus que ce que nous avions pu voir auparavant. Décision est donc prise de quitter la ville et par la même occasion le pays.  

 

 

Régime et politique à CUBA

Mes impressions et vues durant mon séjour du mois de juin. 

Si de loin, ce pays semble magique avec ses vieilles voitures américaines, ses plages et ses iles aux eaux turquoise, une fois sur place la vision est pen10727.jpgmoins idyllique.

Fidel CASTRO est absent du pouvoir, son frère Raul l’a remplacé avec une plus grande sévérité vis à vis du peuple… ne pas oublier que c’était le Ministre des Armées sous Fidel.

Il y a un peu plus de 10 ans j’étais à CUBA. Aujourd’hui j’ai à peine reconnu LA HAVANE. Entre ces 2 périodes, une grande partie du centre-ville n’a pas été entretenue, et le nombre d’immeubles tombant en ruine n’a fait que croître. Seul quelques majestueux palais publics sont en cours de rénovation, comme le Capitolio, le Teatro … mais pour la population, elle est vouée à vivre dans des immeubles insalubres : toiture non étanche, avec ou sans fenêtres, eau non potable… et ce sans pouvoir manifester bien évidement… c’est cela LE SOCIALISME. Seul les bureaux et dirigeants du CDR (COMITE De la REVOLUTION) ont droit à un logement décent. Fin 2007, il y avait plus de 138 000 bureaux et plus de 8 500 000 de membres. Ce qui correspondait à plus de 90% de la population. Vous retrouvez ce % dans de nombreux pays totalitaire, mais ici soit disant ce n’en n’est pas un !!! Vous trouverez ces lettres sur une porte d’un immeuble, d’une maison ou comme une enseigne d’un magasin. En fait, il s’agit de policiers en civil qui notent les allers et venues, la vie de la population du quartier, qui écoutent ce qui est dit… ensuite ces informations sont remontées au bureau central afin de remercier les bons gestes et actes de certains, mais surtout de blâmer, punir « les mauvais individus » car ils ne pensent pas bien… Une visite dans le musée à La Havane s’impose pour tous ceux qui veulent comprendre ce qui se passe dans ce pays. Les explications données par la guide sont des plus savoureuses. Rien de mieux n’existe au monde que Fidel et Raul CASTRO avec le SOCIALISME. Il existe même une photo de Fidel datpen28629.jpgant de 2010 pour commémorer les 50 ans des CDR!!! Le monde occidental le sait agonisant depuis près de 5 ans, mais ici il est bel et bien vivant…

Économie

Auparavant CUBA a reçu des aides des USA ensuite des aides régulières de l’URSS. Aujourd’hui, c’est comme en Asie Centrale, depuis la faillite de l’URSS, les quelques usines sont devenues des champs de ruine. La population vivant autour est devenue sans emploi et erre afin de trouver les subsides essentiels pour se nourrir. Certains jouent les rabatteurs pour une Casa particular, un restaurant, un bar, un taxi… ou bien à un bicitaxi ou une vieille Lada. Ils ne sont en rien taxi officiel avec une licence, ce qui vous permet de négocier votre course au plus serré. 

Mais le plus impressionnant dans ce pays est d’avoir 2 monnaies. Pour avoir été dans des pays où le niveau de vie fait partie des plus pauvres de la planète, jamais je n’ai rencontré cela. En fait les bureaux de change donnent des CUC à tous les touristes. Ce sont des pesos convertibles (1 CUC vpen27670.jpgaut plus d’1 dollar !!!!), qui vous permettent de payer votre note d’hôtel, restaurants, taxis, musées, casa particular… Pour la population locale, il y a le CUP ou Local Monada ou MN. Dans certains bureaux de change vous pouvez avec vos CUC obtenir des CUP, 24 CUP valent 1 CUC…

Avec des CUP, vous avez des restaurants, des magasins, des bars… dans lesquels vous pouvez entrer et payer avec cette monnaie. Je puis vous dire que l’économie réalisée est grandiose au regard du CUC. Car si cette monnaie est obligatoire pour les touristes, les prix affichés sont en conséquence. Très peu comme nous l’utilise, car la majorité du tourisme ici se fait via un « package tour ». Une pizza vaut suivant les villes entre 5 et 10 CUP, alors qu’elle vaut en général 3 à 4 CUC; une bière 18 à 20 CUP au lieu de 1,5 à 2 CUC, un repas avec boisson 80 CUP au lieu de 12 CUC en moyenne ...

Rien ne vous empêche de l’utiliser bien au contraire, cela ne peut que leur pourrir leur économie touristique. Ne pas oublier que c’est la première source de revenu de ce pays. Si demain, un grand boycott du tourisme est fait, il y a fort à parier que le peuple se soulèvera contre le gouvernement. La raison est toute simple, le pays ne pourra plus importer un certain nombre d’aliments essentiels, ceux qui vivent du tourisme n’auront plus de clients …

Si autrefois le dollar américain était un des moyens de paiement, maintenant il est changeable mais à une valeur largement en-dessous de la réalité.pen10596.jpg Seul le dollar canadien, l’euro, le peso mexicain, le yen et la livre sont acceptés dans les bureaux de change.

Les prix sont anormalement élevés au vue du niveau de vie de la population. Car que vous soyez médecin, professeur, éboueur, ingénieur, chauffeur… le salaire mensuel est presque le même pour tout le monde : 20 CUC. Une chambre chez l’habitant 20 CUC, un litre d’essence 1 à 1,2 CUC, une bouteille de rhum 4-8 CUC et Dieu sait s’ils en consomment...

Ce n’est pourtant pas la guerre. Mais ici la population locale reçoit des tickets de rationnement pour les principaux produits alimentaire de base. Donné par le gouvernement pour avoir accès aux produits de 1ère nécessité.  Tel qu’œufs, riz, lait, huile, rhum de mauvaise qualité… et ce pour les échanger dans des échoppes d’État aux rayonnages désespérément vides. A côté, il existe de nombreux magasins (appartenant à l’Etat) où vous avez plus de choix, mais là vous payez en CUC… donc beaucoup plus chers, ce qui pour la population est très difficile vu leur salaire. Il n’est pas rare de rencontrer certains jours de nombreuses personnes avec les bras chargés d’œufs ou de shampoing ou de papier toilette… En fait, les magasins viennent de recevoir ces produits et tout le monde se rue afin d’en avoir, car ils ne savent quand sera le prochain approvisionnement … Ici tout ce qui peut rapporter de l’argent est utilisé. C’est aussi pour cela que dans la rue ou derrière la grille de leur maison, nombre de cubains jouent les vides greniers permanent.

Un élément aussi surprenant est la non exploitation de milliers d’hectares. En traversant le pays, vous pouvez remarquer que de nombreuses terres sont en jachères. Alors que le peuple manque cruellement de nourriture de base telle que : lait, farine, pommes de terre, et autres légumes, fruits… Rien n’est mis en œuvre pour pallier à ces besoins. Le problème vient certainement du manque de matériel. Lorsque vous traversez le pays, il est plus courant de voir des bœufs tirant une charrue qu’un tracteur. En fait, le matériel agricole date de l’époque des aides de l’URSS… la majeure partie rouille sous de vieux hangars. Lorsque vous discuter avec des cubains, ceux-ci n’ont pas peur de dire que leur régime est une DICTATURE et donc que le gouvernement se moque éperdument de leurs problèmes. Tout est prévu par le quadrillage des CDR pour que personne ne puisse manifester et donc aller à l’encontre de la politique actuelle. Ils se comparent à la COREE du NORD !!! Cela vous montre bien à quel point le ressenti de ne pouvoir rien faire est grand.  

Les cubains qui décident de créer un « petit business » sont taxés d’une façon générale à 50%. Cela les pousse à faire un maximum de leur activité au noir.

Tourisme

pen11469.jpgVu le peu d’hôtels dans les villes, il existe des chambres chez l’habitant appelé ici : Casa Particular. En tout premier lieu sachez que vous avez un choix immense et principalement toujours en centre-ville, visiter la chambre avant d’accepter d’y rester. Deuxièmement négociez les prix, toutes annonçant 20-25 CUC, mais vous pouvez l’avoir entre 10 et 15 CUC et ce sans difficulté. Ensuite, on vous demandera votre passeport et votre visa afin de retranscrire ces informations sur un cahier que vous signez. Le propriétaire ayant l’obligation ensuite d’aller au Service de l’Émigration pour indiquer quel touriste il loge. Une sorte de « flicage » de votre voyage mais aussi de pouvoir encaisser une taxe auprès de la casa. La majeure partie des propriétaires vous proposeront le petit déjeuner et le dîner. Soyez extrêmement vigilant sur les prix car pour ce service supplémentaire il ne paye aucune taxe car il ne le déclare pas. Pour le petit déjeuner de payer 4 CUC, et vu ce qui est servi cela vaut à peine 1 CUC. Ayez votre Nescafé, thé, confiture ou miel, allez à la boulangerie achetez un pain pour 5 CUP et demandez à ce que l’on vous chauffe de l’eau. Pour le dîner, il vous sera proposé du porc, du poulet, du poisson ou de la langouste. Le prix et la quantité sont généralement identiques à un restaurant, donc ne payez pas plus. Une seule exception fut à TRINIDAD où le mari de la casa est cuisinier. Je puis vous dire qu’outre la qualité il y avait la quantité, et pour 10 CUC on a eu une langouste de plus d’un kilo avec une sauce géniale !!!

Bars et restaurants, méfiance quand arrivent la note. Nombre fois, des erreurs à votre désavantage dans l’addition. Il vous ais compté un plat plus cher, une boisson en plus ou une grosse faute dans le total. VERIFIER toujours votre addition avec les plats que vous avez choisi sans cela 8 fois sur 10 vous paierez plus.

Dans la rue soyez d’une fermeté extrême vis-à-vis des personnes qui vous interpellent. Dans tous les cas de figure, ils souhaitent vous amener danspen27935.jpg un restaurant, dans une casa ou auprès d’un taxi, le tout plus cher que la normal et recevront en retour une commission d’apport de clients. Idem pour ceux qui vous demandent de l’argent car leur fils ou leur femme doit aller chez le médecin ou l’hôpital et que c’est cher. Certains veulent vous vendre des cigares, des CD, DVD… N’achetez rien car ce n’est que de la contrefaçon. Ici les soins sont gratuits. Comme en Asie, un guide m’a dit « ne donnez jamais d’argent à ces personnes car cela les incite à ne pas travailler ». Si en France, nous observions cette même politique, bon nombre de « ces bras tendus » seraient obligés de travailler et donc cela coûterait moins cher à la société qui leur fournit beaucoup trop d’aides.

Cuba ne ressemble pas à des coins Asie, et pourtant le tourisme sexuel est présent. Différent, majoritairement il est largement supérieur à ceux de 55ans et plus venant passer y quelques jours. Cela se remarque aisément car l’homme ne parle pas espagnol, c’est toujours la femme noire de peau qui passe les pen18915.jpgcommandes, qui discute le prix… Dans certaines villes, celles qui n’ont pas eu la chance d’avoir quelques jours « heureux et rémunérées » tentent leur chance aux terrasses des cafés et auprès des grands hôtels. Tous les moyens sont bons pour gagner un peu plus que le salaire de base. En fait, la prostitution se fait au grand jour et personne n’y trouve à redire.

Si vous prenez un taxi, négociez votre course avant et soyez dur. En effet, s’il a un compteur il ne va pas le mettre, et donc le règlement va aller directement dans sa poche!!!

Seul bémol pour eux : les transports inter-villes pour nous 12 CUC pour eux entre 12MN et 2 CUC mais ce ne sont pas les mêmes car vous ne pouvez monter dans leurs bus… les musées et sites par exemple 2 CUC, eux 2 CUP, le taxi pour 10kms 10 CUC au lieu de 10 CUP … Nous pouvons dire avec les autres touristes rencontrés « VIVA EL SOCIALISMO . 

Obtenir un visa pour aller à CUBA ne nécessite pas comme dans certains pays, une liste de références, votre date de sortie, une attestation d’assurance…  Rien de cela, vous payez  30 dollars et l’on vous donne une sorte de ticket sur lequel on vous tamponne la date d’entrée. Lorsque vous sortez vous présentez ce même papier et l’on tamponne la date de sortie. Ce document reste à Cuba, et sur votre passeport vous n’avez aucun tampon du pays. En fait, personne de l’extérieur ne peut savoir si un jour vous avez séjourné dans ce pays. Pour tous les touristes rencontrés, c’est la Première fois que nous voyons cela !!!!!!!! 

 

Transport

Les transports en communs sont majoritairement dignes du 18 ou 19ème siècle … Excepté dans le centre de La Havane, vous allez voir : des calèchespen10430.jpg propres pour les touristes, des mini diligences avec un numéro d’identification mentionnant le nombre de passagers autorisés, des charrettes à cheval, des coco taxis reconnaissables à leur forme d’œuf, des bicitaxi comme en Asie du sud-est, des bus dont l’âge et l’entretien datent de l’époque de belles américaines des années 50-60, des taxis banalisés de tout âge, de la très belle américaine à la plus abimées des années 50-60, de vieilles Lada et Moscovitch, de nouveaux bus chinois à peine entretenus qui sont venus remplacés les « célèbres chameaux » de La Havane (ils sont maintenant à Guantanamo), des vélos sur lesquels on a rajouter une selle en bois sur le cadre, de vieux bus où ils manquent des fenêtres et où la rouille est plus visible que la peinture, de vieux camions militaire ou autres dont les bâches pen10400.jpgont été remplacé par de la tôle avec des ouvertures si ridicules que l’on croirait nos camions à bestiaux !!! Ces derniers sont présents partout, excepté dans le centre de La Havane, car vu l’état du réseau routier cela leurs permet d’aller partout et ce quel que soit le temps. Et bien évidement le taxi collectif qui ne part que lorsqu’il est plein; le prix pour aller d’une ville à l’autre est généralement identique à celui du bus. Bref le choix ne manque pour vous balader, mais un conseil avant de choisir votre mode de transport (sauf le bus) : négociez et vérifiez l’état des pneus, des fermetures des portes et des vitres car s’il pleut vous pouvez être aussi mouillé à l’intérieur !!!

Si la marche est un des moyens de déplacement privilégié c’est qu’il ne coûte rien, et pour bon nombre de cubains cela est source d’économie. A la sortie des villes, ne soyez pas étonné de voir nombre de personnes sous un arbre ou sous un pont. En fait, ils attendent un bus, à partager un taxi collectif, une calèche… Un peu plus loin à la sortie de toutes les villes, un poste de contrôle routier où un policier va demander au chauffeur de taxi quel est sa destination. S’il transporte des touristes, on le laissera passer par contre si ce sont des cubains et qu’il reste de la place, il dpen18857.jpgevra prendre des passagers supplémentaires cubains attendant à proximité, et ce sans pouvoir y renoncer. VIVA LA LIBERTAD !!!

Viazul est la compagnie de bus inter-villes pour les touristes et Astro pour les cubains. Vous ne pouvez monter dans ces derniers qui généralement sont en moins bon état que les autres… mais réservés aux cubains et dont le prix pour la même distance est 10 fois inférieur en moyenne!!!

Une chose est sûre, si demain l’ensemble des véhicules devait passer un contrôle anti-pollution, seul quelques bus de tourisme auraient l’agrément. Si de plus, il existait un contrôle technique, je pense qu’à peine 1% des véhicules pourraient reprendre la route !!! Le parc auto doit avoir une moyenne d’âge de plus de 30 ans, celui des camions au moins 40 ans et des bus 15 ans. Vous comprendrez pourquoi La Havane et Santiago de Cuba soient si polluées.

 

Y Vivre

pen27761.jpgAller de villes en villes vous fait découvrir les multiples facettes de ce pays hors norme. De cette population des plus métissée ressort une envie de vivre mieux. La majeure partie pleure l’absence de Fidel, Raul étant très dur et l’économie est tombée très bas avec lui. Malgré cela, vous pouvez lire sur leur visage une certaine joie au milieu de leur misère noire, car celle-ci existe. Nombre de hameaux ou maisons sur le bord de la route n’ont pas l’électricité… Pour l’eau celle que vous avez au robinet n’est pas potable. Suivant les endroits, un camion, une personne avec charrette ou en vélo viennent distribuer l’eau potable dans certains quartiers, sinon la population va à certains points remplir des seaux… Le téléphone n’est pas attribué à tout le monde, si vous faites du business et qui plus est avec les touristes, pas de problèmes car vous rapportez des taxes, mais pour les autres !!! Le portable est réservé à ces mêmes personnes…

Internet CROIX et GALERE. Les connexions sont d’une lenteur à faire pâlir une tortue. Le prix de l’heure varie de 4,5 à 8 CUC. Excepté à La Havane ou Santiago de Cuba vous aurez peut-être là une connexion plus rapide si elle est via satellite!!! Seuls quelques hôtels 4-5 étoiles proposent du Wifi… Dans toutes les autres villes traversées, vous avez en moyenne seulement 1 ordinateur public pour 7 000 habitants hors touristes !!! Si vous êtes patients vous pouvez faire la queue et attendre plusieurs heures qu’un poste se libère.  Soyez vigilant à ce que vous recherchez ou écrivez, car ici comme en CHINE tout est surveillé et de très près… Beaucoup de petites villes n’ont pas d’accès internet!!!

L’Asie Centrale est aussi gouvernée par des dictateurs, mais dans ces pays vous avez la possibilité sans trop de difficulté d’accéder à internet, aux nouvelles…

Télévision et journaux sont encadrés et vous diffusent que des informations mettant en valeur le pays ou ceux avec qui ils sont amis, tels que le Venezuela, Chine, Vietnam… Donc vous n’avez aucune information.

Une chose importante à savoir, ici la grande majorité des établissements : cafés, restaurants, hôtels, taxis… appartiennent à l’ETAT. Derrière le peupen28092.jpg d’usines en activité, l’état est présent. La majorité des terres cultivées sont contrôlées par l’état… En fait tout est contrôlé par l’ETAT… Il est important de savoir que souvent dans les restaurants, ils n’ont pas tous les plats car ils n’ont pas reçu les approvisionnements !!! Je pense que cela doit vous rappeler le début du SOCIALISME en France lors de l’arrivée de François MITTERAND en 1981 avec les nationalisations. Ici c’est la même chose et cela perdure car ici ce n’est pas une démocratie mais une DICTATURE !!! Cela n’est pas sans me rappeler les pays traversés d’Asie Centrale. Seuls quelques privilégiés proches des hommes du Pouvoir bénéficient des avantages. Ce n’est pas sans me rappeler « les régimes bananiers » que sont certains pays africains que nous avons aidés sans compter et continuons d’aider et ce malgré les foudres émanant des diverses commissions internationales. Quoi de plus normal, nous avons chez nous et ce malgré notre devanture du Pays des Droits de l’Homme, à peu de chose près les mêmes nantis, les mêmes privilégiés, les mêmes abus…  et ce malgré les journaux ou magazines qui diffusent et mettent au grand jour des scandales notoires et avérés. Mais comme « notre JUSTICE est indépendante », il est de fait que l’affaire est étouffée au plus vite… VIVA EL SOCIALISMO !!! Cette maxime comme d’autres telles que « Viva la Libertad », « Viva la Revolucion »… sont peintes partout dans les villes, les pen27878.jpgcampagnes. Ici les seuls panneaux publicitaires sont en fait des murs entiers ou d’énormes enseignes vantant la politique, rendant hommage à des héros de la révolution…

Vous comprendrez aisément qu’un certain nombre de cubains ait fuis leur pays et que beaucoup d’autres veulent le faire. 

Les plus heureux sont ceux qui vivent dans les campagnes et au bord de l’eau. En effet, les ressources naturelles dont ils disposent leur permettent de mieux se nourrir, mais surtout de vendre le surplus leur apportant ainsi un revenu supplémentaire. Mais ne pas oublier que plus de 2 000 000 de cubains vivent hors de leur terre natale; cela représente environ 30% de la population cubaine. La majeure partie vie aux USA. Ces expatriés envoient régulièrement de l’argent à leur famille ou amis afin d’améliorer leur vie quotidienne. Cela n’empêche pas la pauvreté matérielle et alimentaire journalière de ce peuple, car ici tout est cher. Si sur le plan médical, certains pays l’envie, cela est loin d’être le cas sur le plan littéraire et artistique. Vous ne trouvez, comme il y a encore quelques années en CHINE ou en URSS, que des livres vantant les mérites du gouvernement, les bienfaits de la politique, la solidité du régime… Ce qui explique la pauvreté intellectuelle de ce pays. Tous ceux qui souhaitent s’exprimer librement par écrit, oral ou par un dessin sont mis sur la touche car ici on ne vient pas troubler l’ordre public. VIVA EL SOCIALISMO !!!!!!

 

Les contrastes saisissant:

La population est d’une mixité qui va du blanc nordique au noir ébène sans pour cela éprouver une gêne ou une ségrégation raciale comme dans depen19884.jpg nombreux autres pays,

Le luxe de certaines habitations au milieu d’immeubles délabrées,

La vie de certains cubains trônant en permanence dans les bons restaurants et grands hôtels,

Le nombre de mendiants et d’handicapés rôdant dans les quartiers touristiques mais aussi errant dans les autres quartiers,

L’état des bus et des transports locaux en comparaison des bus touristiques,

Les échoppes d’État sont vides lorsque celles où l’on paye en CUC sont pleines,

Le coût de la vie pour les cubains, car beaucoup de produits de base sont importés donc chers.

 

pen18986.jpgPour les touristes, tout est TRES CHER au vu du niveau de vie des cubains. Il est tout à fait anormal de payer dans un restaurant un plat à près de 70% de ce que nous trouvons chez nous, idem pour une chambre chez l’habitant. Le prix des billets de bus inter-villes est aussi onéreux. Sachez que vous dépenserez par jour presque le double qu’en Asie et près de 25% de plus qu’au Mexique. Ici pas de WIN-WIN, mais WINNER-LOOSER.

Aussi, nous avons décidé de ne pas renouveler notre visa, car nous ne voulons pas donner plus d’argent tant à l’Etat qu’aux cubains qui prennent tous les touristes pour des Rockefeller, des Bill Gates…

Cela vous fait dire que « VIVA EL SOCIALISMO » est une pure gageure. Et pourtant une partie de la population y croit encore. Les autres tentent tant bien que mal de gagner un peu plus d’argent afin de fuir le pays. Ce petit livret est donné à tout le monde seulement depuis le début de l’année. Mais comme partout il existe des exceptions à une règle : chercheurs, sportifs de haut niveau, certains professionnels ne pourront sortir car ils ne recevront pas de passeport. Une ségrégation de plus. Mais fait important, bon nombre de cubains pourront ainsi aller voir un parent ou ami partis depuis des années. Avec quel argent nul ne le sait car ce fameux passeport vaut 100 CUC, à cela il faut ajouter le billet d’avion; le coût minimal pour sortir est un an de salaire !!! Peu de cubains vont pouvoir profiter de cette nouvelle loi.

 

 

Paru dans Courrier International le 6 juillet 2013, soit 8 jours après avoir quitté le pays.

Cuba : la couleur de l’argent

Réformes économiques, libéralisation de l’Internet… L’île s’ouvre au capitalisme

A Cuba, le changement est annoncé, attendu, depuis l’effondrement du bloc soviétique. Le voici qui arrive, lentement, plus de cinquante ans après la révolution. Il est pour l’instant essentiellement économique (lire cet article 1). Depuis cinq ans, les réformes se sont accélérées : l’Etat a licencié des fonctionnaires en masse, encouragé l’initiative privée, autorisé les voyages à l’étranger, presque libéralisé Internet. Pour le bonheur d’une nouvelle classe d’entrepreneurs qui découvre les joies du marché et du luxe (lire cet article 2). L’arrivée du capitalisme, ou de ce “socialisme de marché”, bouleverse le quotidien des Cubains. Mais le principe du parti unique reste immuable. Et les réformes politiques, elles, continuent de tarder.

1-      Quand Raúl Castro a annoncé les nouvelles mesures économiques, en avril 2011, Antonio a été un des premiers à perdre son emploi. “J’ai été licencié”, explique-t-il. Lui et près de 500 000 fonctionnaires (un chiffre qui pourrait atteindre à long terme 1 million de licenciés dans le secteur public). Antonio était mécanicien. Fin 2011, les Cubains ont eu le droit d’acheter des voitures et, avec l’aide de son frère, qui a émigré aux Etats-Unis, Antonio a réussi à s’offrir une Ford Fiesta d’occas [...]

2-      L’un des symboles de La Havane, qui naguère encore n’était qu’un tas de ruines poussiéreuses, corrodées par l’air marin, infestées de rats, a retrouvé tout son glamour des années 1950 : c’est le fameux Sloppy Joe’s.
Situé en plein centre historique de la ville, ce bar emblématique attirait des Américains célèbres comme Ernest Hemingway, Frank Sinatra ou Nat King Cole. Il était connu pour son grand bar en acajou, témoin muet de cette époque, ainsi que pour ses cocktails exotiques et ses délicieux hamburgers.
Mais avec l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959, la fête s’est arrêtée. Au nom de la révolution, le Líder máximo a ordonné la fermeture de tous les lieux de divertissement et chassé du pays les mafieux américains qui corrompaient la grande île, tels Lucky Luciano et Al Capone, lesquels avaient gagné une fortune grâce à la prostitution et aux jeux de hasard. Tout cela appartient au passé, semble-t-il. Sous la houlette de Raúl Castro, frère cadet de Fidel, le glamour réinvestit timidement les rues de La Havane.

Le dirigeant est épaulé par tout un pan de l’armée, bien formé à la gestion d’entreprises, ainsi que par des consultants étrangers. Au rythme des réformes économiques et du plan stratégique de développement, les voitures de luxe, Audi, Mercedes, font leur apparition, reléguant dans l’ombre les reliques des années 1950. Nous voyons même passer un Hummer d’un orange criard, qui circule avec des plaques spéciales dans les rues de la capitale. De toute évidence, La Havane cherche à retrouver sa place de plus grande et plus fascinante métropole des Antilles.

Cinq-étoiles. La frénésie de consommation et de changement est partout palpable. Dans la vieille ville de La Havane, des centaines de maisons coloniales ont été restaurées ces quinze dernières années : elles abritent de plus en plus souvent des cafés à la mode, des hôtels cinq étoiles et des boutiques de marques mondiales. Mais le plus étonnant n’est pas tant le retour du luxe que le nombre grandissant de Cubains qui peuvent se le permettre.

Ainsi, au dernier défilé du 1er mai, certains arboraient des vêtements et des montres de marque, et les plages de Varadero et de Guardalavaca sont de plus en plus courues. “L’année dernière, j’ai vendu pour 53 000 dollars de séjours organisés à des Cubains”, m’explique l’employée d’une agence touristique d’Etat. “L’Audi est le nouveau signe extérieur de richesse”, commente l’écrivain Hugo Luis Sánchez, tout en esquivant les gravats dans les ruelles du centre, où des ouvriers installent les câbles électriques souterrains et disposent les lampadaires qui vont éclairer les rues d’une lumière chaude et sensuelle. Les voitures de luxe sont en général importées par des artistes célèbres ou des PDG de multinationales.
Mais elles ne sont pas le seul signe du changement qu’entraînent les réformes économiques. On voit aussi apparaître des projets modernes et minimalistes, comme le café-boutique de la styliste cubaine Jacqueline Fumero, face à l’église du Saint-Ange : tables et chaises transparentes, bar couvert de miroirs, étagères argentées et vitrines où sont exposés des vêtements colorés. Les prix sont élevés : le café coûte 2 dollars ou 2 CUC, comme on appelle la monnaie convertible à Cuba. Le tee-shirt le moins cher démarre à 45 CUC — plus du double du salaire mensuel d’un employé d’Etat cubain. “Ça se vend, et pas seulement aux touristes”, précise la serveuse-vendeuse.

Jeunesse dorée. Malgré la rhétorique égalitaire de la révolution cubaine, il a toujours existé des privilégiés dans l’île, notamment Antonio Castro, le fils de Fidel, beau garçon aux allures de playboy, amateur de cigares fins et de vin blanc aux appellations hors de prix et récent lauréat d’une compétition de golf.
Mais aujourd’hui, les Cubains privilégiés arrivent à dépenser leur argent sur l’île. C’est le cas de nombreux artistes qui ont du succès à l’étranger, surtout des musiciens, comme le jeune reggaetonero Baby Lores, ou des peintres, comme Carlos Guzman. De plus, on voit apparaître ces derniers mois les offres gastronomiques les plus exquises, depuis que Raúl a levé les restrictions. Les chefs – dont beaucoup ont été formés dans de grands hôtels étrangers – y présentent toutes sortes de tentations, depuis la cuisine méditerranéenne jusqu’à la nouvelle cuisine* en passant par des plats à la tortue et au cerf.
Certains établissements sont devenus en peu de temps des rendez-vous de la jeunesse dorée* cubaine. C’est le cas du Chaplin’s Café, dans le quartier chic de Miramar, ouvert par l’ancien ministre des Affaires étrangères Roberto Robaina. Celui-ci, après être tombé en disgrâce, s’est lancé dans une carrière de peintre et y expose ses tableaux abstraits en noir, blanc et rouge. Citons encore le Café Madrigal du réalisateur Rafael Rosales, ouvert en décembre 2012. Au Chaplin’s comme au Madrigal, on prend quelques verres et des tapas avant d’aller danser dans des clubs intimes, tel La Maison du Miramar, quartier toujours aristocratique, ou dans des propriétés privées transformées en discothèques.

Pour les jeunes, la seule aspiration aujourd’hui est d’obtenir de l’argent pour participer à cette movida.
“Je travaille dans une pizzeria l’après-midi pour gagner de l’argent et pouvoir aller danser, m’offrir des vêtements, un téléphone portable”,
me dit Raúl, 16 ans, de Santiago. Tous participent à cette frénésie de l’argent, y compris les employés d’Etat. La corruption est généralisée : elle consiste à voler à l’Etat tout ce que l’on peut revendre à l’étranger, ou bien à ouvrir une consultation clandestine de chirurgie esthétique pour visiteurs étrangers. Par ailleurs, le secteur légal des créateurs d’entreprise grandit de jour en jour. Il attire des gens instruits, comme Libia, ingénieur chimiste, ou Eduardo, ancien gérant de sucrerie : aujourd’hui, l’un et l’autre louent des chambres à des touristes.

Francisco, ancien ingénieur du nucléaire, s’est reconverti en chauffeur de taxi. “J’arrive à gagner 200 CUC par mois, tandis que ma femme, qui travaille dans l’administration, n’en gagne que 15.” Quant à Iván, un gérant d’hôtel qui pendant son temps libre répare et revend des téléphones portables, il a ainsi pu s’offrir un iPhone d’occasion, sa grande fierté. Le socialisme n’est plus un sujet de conversation pour ces nouveaux entrepreneurs.

Ils parlent d’affaires, des réformes qu’ils jugent encore nécessaires — réformes qui, à en croire le premier vice-président du Conseil d’Etat et héritier désigné, Miguel Díaz Canel, “ne devraient pas tarder”. Les nouveaux entrepreneurs sont environ un demi-million sur une population de 11 millions d’habitants. Ils réclament des mesures très pratiques, comme la vente libre de tous les produits et outils nécessaires à leur activité, la mise en place de marchés de gros et la création d’un réseau de transports efficace. Du socialisme, il faudra conserver l’éducation et le système de santé — il existe un large consensus dans la population sur cette question.

“Cette fois, on ne pourra plus faire marche arrière dans la libéralisation économique”, souligne le sociologue Haroldo Dilla, qui jusque dans les années 1990 a été un éminent professeur du Centre d’études sur l’Amérique – où l’on parlait déjà de réformes économiques –, jusqu’à sa dissolution par les frères Castro, qui l’accusaient d’être “une cinquième colonne de l’impérialisme, à la solde de la CIA”. Dilla et d’autres universitaires ont été écrasés par l’appareil bureaucratique, celui-là même qui a mis fin à la carrière du charismatique et rénovateur Roberto Robaina, et qui aujourd’hui entrave le processus de réformes par tous les moyens. “Le plus grand défi va être la démolition de cet appareil”, estime Dilla.

D’après ce sociologue, qui vit en République dominicaine, l’objectif de Castro et des militaires est de créer une bourgeoisie nationale et de permettre l’accumulation de richesses sous un régime autoritaire de parti unique, exerçant sa mainmise sur l’information. “Laisser voyager des dissidents comme les Dames en blanc ou laisser bloguer Yoani Sánchez ne leur nuit en rien et leur donne un air d’ouverture, souligne Dilla. Mais le jour où les dissidents voudront descendre dans la rue ou exigeront des espaces dans les médias, la répression s’abattra sur eux.”

Autant dire que l’avènement d’une démocratie pluraliste à Cuba n’est pas pour demain. En revanche, ce qui paraît plus probable aux yeux des gouvernants cubains, c’est la levée de l’embargo des Etats-Unis. Une chose est sûre, les investissements qu’ils réalisent vont dans ce sens.

Malgré certains bémols, le vent du changement commence à souffler

Le grand frère, Fidel, avait cryogénisé son île en 1959, sur un modèle économique pire que stalinien, où toute initiative personnelle était persécutée au nom d’un Homme nouveau qui ne verra jamais le jour. C’était l’époque où même le coiffeur de quartier était fonctionnaire. Le “petit” frère, Raúl – 82 ans tout de même –, a eu l’intelligence de comprendre que les Cubains avaient soif. Soif de consommation : pas seulement de smartphones, mais aussi, tout bêtement, de médicaments, de shampoing et de chaussures correctes. Soif de liberté d’entreprendre surtout, de pouvoir embaucher pour monter un restaurant, un salon de coiffure, un garage automobile… Il a donc commencé à “actualiser le modèle cubain”. Les gros mots de “libéralisation” et d’“ouverture” économiques ne sont pas encore prononcés, mais ce n’est qu’une question de temps (après la mort de Fidel ?). Cuba deviendra alors une mine d’or – ne fut-elle pas la quatrième puissance du sous-continent avant que Fidel ne la mette sous l’éteignoir ? Dans la course à l’argent qui se prépare, l’armée est sûre de partir avec une longueur d’avance. Les Forces armées révolutionnaires (FAR), loin de se limiter à des tanks rouillés de l’époque soviétique, sont déjà au cœur de l’économie cubaine. Notamment via des géants hôteliers comme Gaviota, seuls groupes cubains gérés à l’occidentale, les militaires développent le tourisme de masse et en touchent déjà les dividendes, un vrai jackpot. Et devinez qui tient cette armée attirée par l’odeur de l’argent ? Raúl Castro et tous les galonnés qu’il a nommés : avant de prendre la présidence, le petit frère fut en effet, cinquante ans durant, ministre des FAR.

 

 

 

 

 

 

 

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